Cela fera bientôt deux ans que la médiatisation du scandale sanitaire et industriel du Phonegate a débuté. Le site Le Lanceur, le 14 décembre, a publié le premier article, rapidement suivi de deux articles du journal Le Monde et du Magazine Marianne, le 23 décembre 2016. Depuis de nombreux médias écrits, radios, Internet, tant français qu’internationaux ont parlé du Phonegate. Mais pas un seul média télévisuel, privé ou public français n’a souhaité informer sur cette commercialisation de téléphones portables non conformes et à risques pour la santé des utilisateurs de téléphones portables. Pourquoi ?

France 5 la goutte de trop !

Un nouvel incident nous incite à vouloir informer  tous ceux qui nous suivent et nous soutiennent de ce qui se passe et de poser publiquement la question: faisons-nous l’objet d’une censure de la part de certaines directions de chaînes françaises ? En effet, le Dr Arazi, Président d’Alerte Phonegate a été invité à participer à l’émission « La Quotidienne » sur France 5 le mardi 27 novembre 2018 (11h45 à 13h). L’enregistrement devait avoir lieu le lundi 26 novembre au matin. Et voici ce qu’écrivait la journaliste dans son mail :

Je souhaiterais donc proposer au docteur Marc Arazi de participer à la discussion sur ce sujet afin de mettre en valeur le combat de l’association « Alerte Phonegate » dans notre émission et de donner des conseils à nos téléspectateurs pour éviter les ondes et changer leurs habitudes quotidiennes.

Cet échange sur « les dangers des ondes » devait se faire sur le plateau en compagnie de Gilles Brégant, Directeur Général de l’Agence nationale des fréquences (ANFR). Mais voilà, nous venons d’apprendre suite à un coup de fil de la journaliste que le Dr Arazi a été « déprogrammé ». Ce sera un autre interlocuteur qui sera invité pour discuter du sujet avec le responsable de l’ANFR.

Cet incident n’est malheureusement pas isolé, puisque concernant France Télévision, il s’inscrit dans la continuité de ce que nous vivons depuis 2 ans avec les rédactions des journaux télévisés de France 2 et France 3. Nous tenons à la disposition de ceux qui douteraient des faits tous les mails et échanges reçus qui viennent à l’appui de notre propos. Toutefois, pour protéger les journalistes qui font de manière irréprochable leur travail, nous ne les publierons pas.

Comme vous le comprenez, ce n’est pas le travail des journalistes qui est en cause, mais les très vraisemblables pressions exercées sur eux, qui sont à l’origine du boycott dont le Phonegate est victime.

Mais ce n’est pas seulement la Télévision publique qui pose question, car de pareils incident se sont déroulés avec deux grandes chaînes privées, et pour les citer TF1 et BFMTV. Là encore, les deux interviews données par le Dr Arazi aux journalistes pour des reportages n’ont jamais été diffusés.

Et cela à une conséquence directe, celle de ne pas nous permettre d’informer le grand public. Car c’est ainsi, la télévision est encore le média qui permet de toucher le plus grand nombre.

Des enjeux économiques, technologiques et politiques majeurs

Nous avons bien conscience des enjeux économiques mondiaux qui sont liés à la révélation de ce scandale planétaire et des possibles conséquences financières pour tous les industriels du secteur. Le Phonegate; c’est potentiellement dix fois les niveaux de condamnation des industriels de l’automobile dans le scandale du Dieselgate.

Mais cela peut-il justifier un tant soit peu de devoir cacher à l’opinion publique française, la tromperie généralisée par les fabricants des indicateurs DAS censée protéger les milliards d’utilisateurs de téléphones mobiles, avec la complicité d’une réglementation internationale totalement permissive et avec potentiellement des conséquences pour la santé de millions de victimes.

En ce qui nous concerne nous avons tranché; c’est NON!

Mais pour une chaîne qui lorgne sur les budgets publicitaires faramineux de cette industrie, rien de moins sûr. De nombreux exemples précédents ont montré que les rétorsions exercées sur un média « trop indépendant » pouvaient être une arme très efficace.

Mais concernant cette industrie, sa puissance est telle, rappelons-le, qu’elle est aussi actionnaire de la plupart des grands médias télévisuels, pour ne citer que TF1 (Bouygues Télécom) ou BFMTV (Groupe ALTICE-SFR). Et me direz-vous, ce n’est pas le cas de la télévision publique….oui tout à fait, sauf que sa présidence a été confiée à Delphine Ernotte, ancienne numéro 2 du Groupe Orange.

Mais ce n’est que la partie émergée de l’iceberg, car pour revenir un instant au débat annulé avec Gilles Brégant de l’ANFR, il est important de connaître les liens étroits que cette agence publique, impliquée directement dans ce scandale, a avec le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en charge « de la liberté d’expression dans l’intérêt du public et des professionnels ». En effet, les liens entre ces deux agences sont nombreux, anciens et étroitement mêlés.

Et vous ne serez donc certainement pas surpris d’apprendre que, dans sa mission précédente, Gilles Brégant de l’ANFR travaillait pour…le CSA où il était jusqu’en janvier 2011, Directeur des technologies.

Et la consanguinité peut carrément tourner au conflit d’intérêts quand pour diriger la division du Spectre (on dirait un mauvais James Bond !), le Directeur Général de l’ANFR a décidé d’embaucher il y a peu, Catherine Gabay, ancienne lobbyiste en chef du Groupe Illiad (Free) créé par Xavier Niel.

La loi du genre, ne pas informer ou désinformer

Et comme si cela n’était pas suffisant, d’importantes informations sur des résultats d’études scientifiques sont passées sous silence. Le dernier exemple en date, est d’autant plus parlant, qu’il s’agit d’une étude américaine, réalisée par une agence fédérale de santé, le National Toxicology Program. La publication du communiqué de presse remonte au 1er novembre 2018 et confirme les preuves d’un lien entre les ondes 2G et 3G des téléphones portables et l’apparition de cancers chez l’animal (le rat).

En a-t’on entendu parler dans les médias télévisuels français et même au-delà, non, trois fois non…pourquoi ? Et c’est la même chose partout en Europe. Pourtant cette information a fait grand bruit aux États-Unis et des centaines de médias l’ont reprise et commentée, parmi lesquels, pour ne citer qu’eux le New-York Times et le Wall Street Journal.

Et mieux encore, comme l’a fait tout récemment le Figaro santé, écrire un article pour faire le point sur « le danger des ondes » mais en omettant tout simplement les éléments probants de cette nouvelle étude. Le reste de l’article est du même acabit,  allant même jusqu’à comparer les risques des ondes de la téléphonie mobile à ceux des cornichons.

Pour conclure, cette situation de quasi censure a une conséquence, celle de ne pas nous permettre ni de vous informer, ni de faire connaître les mesures indispensables pour protéger des millions d’utilisateurs de téléphone portable tant en France qu’en Europe. C’est tout à fait regrettable et nous espérons en écrivant ces lignes, ouvrir un débat démocratique salutaire et obtenir votre soutien pour que nous puissions enfin être invité à nous exprimer dans les chaînes de télévision.

 

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