Le Credoc a publié en juillet 2021 son « Baromètre du numérique ». Ce document constitue le rapport d’analyse des résultats des questions insérées par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (ARCEP), le Conseil général de l’économie (CGE) et l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) dans une enquête dédiée, menée auprès de 4 000 personnes de 12 ans et plus résidant en France métropolitaine. 

Les ondes de la téléphonie mobile « plutôt pas sûrs » pour une majorité de français

Comme l’illustre le graphique ci-dessous une majorité des personnes interrogées se méfient des ondes présentes dans leur quotidien. Voici en substance l’analyse tirée par les enquêteurs du Crédoc :

« Les quatre dispositifs sont donc jugés, globalement, comme peu sûrs pour la santé humaine. Plus de
la moitié des répondants (52%) jugent les champs magnétiques générés par l’ensemble des appareils
domestiques comme peu sûrs, 46% pensent de même des antennes de relais ou des téléphones
mobiles et 42% considèrent que les réseaux Wi-Fi à l’intérieur des maisons constituent un risque pour
la santé humaine »

Les français plus inquiets des ondes que des produits chimiques

Par ailleurs, comparés à d’autres produit et milieux de la vie quotidienne, les produits de  télécommunications et de nouvelles technologies figurent en bas de la hiérarchie des produits et milieux les plus surs (Graphique 184). Ainsi, 74% se méfient des téléphones portables et des antennes de téléphonie mobile, contre seulement 29% des Français qui se méfient des aliments fais et 35% qui se méfient de l’eau du robinet. Et seuls 17% les considèrent comme sûrs et 3% comme très sûrs. Des chiffres particulièrement mauvais qui ne sont dépassés de peu que par les insecticides et les nanomatériaux….

Une évolution contrastée entre 2014 et 2020

L’impression de sécurité progresse pour trois d’entre eux. La progression la plus marquée concerne les téléphones mobiles euxmêmes. En 2020, 34% des Français estiment que les téléphones mobiles sont plutôt sûrs d’un point de vue sanitaire, contre 24% en 2014, soit une hausse de 10 points. Le sentiment que les antennes relais de téléphonie mobile soient des installations plutôt sûres progresse également et cela dans des proportions quasi identiques : une hausse +9 points (on passe de 21% à 30%). En 2020, les réseaux WiFi sont, quant à eux, le produit considéré le plus sûr. 37% des Français estiment qu’ils ne représentent plutôt pas de
danger pour la santé, contre 29% en 2014 (+ 8 points).

Alors que les champs magnétiques générés par l’ensemble des appareils électroniques domestiques étaient considérés comme le domaine le plus sûr en 2014, ils ferment désormais la marche. En effet, pour ce domaine en particulier, on constate une évolution vers plus de défiance, à rebours de ce qui se passe pour les autres produits. Les Français se disent moins rassurés s’agissant de l’impact sanitaire des champs  magnétiques domestiques en 2020 que six ans plus tôt. 25% de nos concitoyens estiment aujourd’hui qu’il s’agit d’un domaine plutôt sûr, contre 30% en 2014 (soit une baisse de 5 points).

Ce sont les hommes, les diplômés du supérieur, les classes moyennes supérieures, les cadres et dans une moindre mesure les titulaires de hauts revenus qui sont plus enclins à considérer ces quatre produits comme sûrs.

Les français se protègent plus des effets des ondes

Par rapport à 2014, les Français ont un peu plus souvent recours à des pratiques préventives. La proportion de personnes éloignant le téléphone mobile a progressé de +7 points. Il en est de même pour la proportion de personnes évitant de téléphoner dans des zones mal desservies (+7 points) et dans une moindre mesure pour celles qui évitent de téléphoner lors de leurs déplacements à grande vitesse (+4 points). En revanche, la proportion de Français qui limitent la durée de leurs appels pour réduire l’exposition aux ondes radio est restée stable.

Au total, 49% des possesseurs d’un téléphone mobile adoptent au moins une des quatre mesures de précaution testés pour limiter l’exposition aux ondes radios. Par rapport à 2014, cette proportion est en légère diminution (- 3 points). Ce résultat mérite néanmoins d’être nuancé. En 2020, 22% des détenteurs d’un téléphone mobile adoptent trois ou quatre des mesures de précaution citées, contre17% en 2014. (+ 5 points).

Pour le Dr Marc Arazi, président d’Alerte Phonegate à l’origine des révélations du scandale :

« Cette étude du Credoc montre à quel point les français ont pris conscience des risques sanitaires liés à la téléphonie mobile et ne se sont pas satisfaits des informations faussement rassurantes des pouvoirs publics quand aux dangers des ondes des radiofréquences. Nous nous réjouissons de constater que notre travail d’alerte ainsi que celles de nombreuses organisations françaises et internationales ont incité de plus en plus d’utilisateurs à changer leurs pratiques. Nous y voyons un signe encourageant dans notre combat pour la santé publique ! »

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