[Communiqué] L’ANFR met en danger la santé de millions d’utilisateurs de téléphones portables

L’Agence nationale des fréquences (ANFR) a publié un communiqué, le jeudi 26 juillet 2018, qui annonce l’obligation pour deux fabricants de mettre à jour leurs modèles de téléphones portables, le HISENSE F23 et le WIKO Tommy2 (commercialisé par Bouygues Telecom). En effet les tests de contrôles réalisés ont montré un dépassement de la limite réglementaire du Débit d’absorption spécifique (DAS) « tronc ». Par ailleurs, l’ANFR présente dans un rapport détaillé de 13 pages le bilan de sa campagne de mesures de DAS pour l’année 2017.

Malgré cette nouvelle transparence de façade,  l’ANFR ne fait guère illusion. En effet, sa stratégie de communication est simple. Faire disparaître sous le tapis, les millions de téléphones portables mis sur le marché avant le changement de réglementation européenne intervenue en juin 2016 ; autant dire pratiquement tous les téléphones portables que nous utilisons au quotidien nous et nos enfants depuis plusieurs années et jusqu’à ce jour. Et pour ces téléphones mobiles, les niveaux de DAS corps contrôlés par l’ANFR sont bien plus alarmants. Les seuils réglementaires peuvent dépasser jusqu’à près de quatre fois les valeurs réglementaires (2W/kg).

Pour le Dr Arazi qui a lancé l’alerte en juillet 2016 et obtenu par voie de justice la publication de toutes ces données : « La responsabilité de l’ANFR, comme celles des autres organes de contrôle internationaux est immense. Ce scandale en rappelle un autre, celui du scandale du sang contaminé. Certains savent mais ne disent rien et ainsi la santé de millions de personnes est mise en danger. Les pouvoirs publics n’apprennent-ils donc jamais rien des graves erreurs du passé, comme pour l’amiante ou le tabac?« .

Et une nouvelle étude, cette fois-ci venant de l’Institut tropical et de santé publique suisse (Swiss TPH), à Bâle, montre que la mémoire figurative des élèves (700 jeunes de 12 à 17 ans) est affectée par les ondes de leurs téléphones mobiles. L’Agence nationale de santé alimentaire, de l’environnement et de sécurité au travail (ANSES) avait aussi sonné l’alerte en juillet 2016 dans son rapport « ondes des radiofréquences et santé des enfants » recommandant, entre autres, aux pouvoirs publics d’interdire la publicité ayant pour but direct la vente, la mise à disposition, l’utilisation ou l’usage d’un téléphone mobile par des enfants de moins de 14 ans. Mais surtout réclamait par la voix de Roger Genet, Directeur Général de l’ANSES « d’assurer en toutes circonstances le respect des valeurs limites d’exposition réglementaires, quels que soient les dispositifs mobiles et leurs conditions d’utilisations (positionnement au contact du corps)« .

C’est dans ce contexte que lors de notre conférence de presse du 28 juin 2018, nous avons appelé au retrait par échange gratuit ou à la mise à jour de plus de 250 modèles de téléphones mobiles parmi les plus connus dont les seuils dépassaient les valeurs réglementaires au contact (0mm) et/ou au quasi contact (5mm). Pour exemple le fabricant SAMSUNG  représente près de 15% des téléphones mobiles qui sont concernés avec 34 modèles.
SAMSUNG (34), LG (19), WIKO (14), NOKIA (12), HUAWEI (10), HTC (9), ALCATEL (7), APPLE (5), POLAROID (5), MICROSOFT (4)…

Nous reviendrons plus en détail prochainement sur le bilan des contrôles réalisés par l’ANFR lors de l’année 2017. Toutefois, nous attirons votre attention sur le caractère faussement rassurant des informations transmises dans ce rapport de l’ANFR et particulièrement ceux concernant les DAS « tête ».

La totale absence de réaction du pouvoir politique qui continue à piloter à distance ce dossier brûlant, en envoyant en première ligne les hauts-fonctionnaires et l’administration, montre pour le moins un manque complet de courage des ministres, Nicolas Hulot, Agnès Buzyn et Bruno Le Maire, face au lobby de cette industrie surpuissante.